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Edito – Juin 2021

Le 15 Novembre 1866, Jean Macé publie, dans le journal L’opinion nationale, un appel aux femmes et aux hommes de bonne volonté qui se traduit par la création de la Ligue de l’Enseignement. Celle-ci sera à l’origine de la création de plusieurs centaines de cercles locaux animés par un esprit fraternel et républicain. Ils permettront par leur engagement de créer les bases d’un enseignement public laïque et obligatoire. Ainsi dès 1871, la Ligue de l’Enseignement lance une pétition en ce sens qui recueillera 1 million 300 mille signatures qui sera immédiatement suivie d’une enquête nationale sur la laïcité afin de préparer les esprits des élus à ce principe.
Ce combat, à l’époque, était celui de personnes, comme Jean Macé, qui s’étaient insurgés de la mascarade qu’avaient été les premières élections au suffrage universel (suffrage masculin est le mot le plus approprié). En effet, en 1848, le résultat du premier tour sera sans appel avec près de 75% des suffrages exprimés en faveur du Parti de l’ordre et donc de Louis Napoléon Bonaparte qui sera l’auteur d’un coup d’état en décembre 1851.

Ce fait fit dire à Jean Macé que donner le droit de vote à des personnes qui n’ont pas eu au préalable les clés nécessaires à la compréhension du monde et de ses enjeux, c’est rendre légitime un régime autoritaire et il s’empressa d’affirmer qu’ « il aurait fallu 30 ans d’instruction publique avant d’instaurer le suffrage universel ».
Ainsi des esprits humanistes et républicains allaient œuvrer sans relâche afin que les principales lois de la troisième république fassent évoluer la société française :

  • Les lois Jules Ferry en 1881 – 82 rendant l’instruction publique laïque et obligatoire
  • La loi de 1901 garantissant la liberté d’association
  • La loi de 1905, dite de séparation

Aujourd’hui, plus de 150 ans après, on se rend compte que la démocratie peut conduire à des monstruosités comme elle l’a fait en 1848 et surtout comme cela s’est produit en Allemagne ou le Parti national socialiste (nazi) arrivait en tête des élections législatives de 1933 alors que le peuple allemand était le plus éduqué d’Europe. L’éducation et la culture ne sont donc pas les seuls remparts au fascisme. Il faut aussi transmettre des valeurs et un idéal.

On y travaille d’arrache-pied dans notre département et nos événements départementaux sont l’occasion de valoriser un travail de fond autour de la laïcité, de la fraternité et de l’écocitoyenneté.

Les dernières élections ont pourtant laissé une place conséquente à l’extrême droite dans notre département. Rappelons-le, l’extrême droite n’est pas compatible avec le projet de société auquel la Ligue de l’enseignement aspire. La Ligue de l’enseignement est un mouvement républicain et en tant que tel nous avons pour valeurs :

  • La liberté qui garantit à chacun de penser comme il l’entend et d’éveiller sa conscience.
  • L’égalité qui garantit un traitement juste de chacun
  • La fraternité qui nous relie sans une quelconque distinction

Et nous avons pour principe la laïcité, qui implique la reconnaissance de chaque être humain en égale dignité.

Pour toutes ces raisons nous appelons à voter massivement et à voter pour défendre les valeurs de la république en pleine conscience aux prochaines élections régionales et départementales.

Liberté-Egalité-Fraternité

Daniel BOYS
Président de la Ligue de l’enseignement du Pas-de-Calais