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Notre histoire

Au commencement, un peu d’histoire

1866 – Appel de Jean Macé et début de la Ligue de l’enseignement

Le 15 novembre, il lance dans le même journal un « Appel » à la création d’une Ligue semblable en faveur de l’enseignement populaire en France, en la situant « sur un terrain neutre, politiquement et religieusement ». Le projet a été précédé par le lancement des bibliothèques populaires, par des contacts au sein de la Franc-Maçonnerie, ainsi qu’avec les milieux de la coopération et le patronat protestant de l’Est. Le succès est immédiat. Macé récolte de nombreux engagements personnels, accompagnés de souscriptions. 

L’année suivante, le premier cercle de la Ligue est fondé à Metz, ils seront une soixantaine en 1870. Ces cercles regroupent principalement des membres de l’élite éclairée et de la classe moyenne en ascension sociale (journalistes, avocats, médecins, négociants…) qui croient au progrès par l’éducation. Les minorités religieuses (protestants surtout) y sont en nombre ainsi que les républicains qui cherchent à tirer parti du climat plus libéral de la fin des années 1860, pour sortir de la clandestinité où les a confinés le régime autoritaire issu du coup d’Etat de décembre 1851. 

L’Église condamne la Ligue naissante. Elle y voit un mouvement hostile à la religion, ce qui oblige les catholiques qui avaient adhéré, à se retirer. Jusqu’à la chute de l’Empire, le fondateur se refuse par prudence à solliciter l’autorisation du pouvoir pour fédérer le mouvement au plan national.

1872 – Pétition en faveur de l’enseignement gratuit, obligatoire et laïque

La guerre de 1870-71 marque une rupture profonde en causant la perte de l’Alsace-Lorraine, berceau de la Ligue de l’enseignement. 

Au lendemain de la Commune de Paris, à l’automne 1871, le cercle parisien lance le « mouvement national du Sou contre l’ignorance » et organise, avec le soutien de nombreux journaux, une grande pétition en faveur de l’enseignement primaire, qui revendique d’abord la gratuité et l’obligation et dans un second temps, la laïcité. Cette pétition, qui recueille au total 917. 267 signatures, est portée à l’Assemblée Nationale à Versailles le 19 juin 1872 par une délégation conduite par Jean Macé, entouré des représentants de tous les groupes républicains. 

Mais la majorité conservatrice et monarchiste de l’Assemblée l’ignore. C’est pourquoi elle sera suivie d’une nouvelle initiative : l’Enquête sur la laïcité,  destinée à propager cette idée auprès de tous les élus de la nation. Une première définition de la laïcité scolaire – « la science à l’Ecole, l’instruction religieuse à l’Eglise » –  est donnée à  cette occasion par Emmanuel Vauchez, secrétaire du cercle parisien. 

Ces campagnes d’opinion conduites par la Ligue de l’enseignement ont ouvert la voie aux lois scolaires de Jules Ferry, et en ont dessiné en quelque sorte le cadre.  Dans l’intervalle, la Ligue de l’enseignement a du subir les persécutions des gouvernements conservateurs et cléricaux dits de l’Ordre moral, qui ont interdit certains cercles et favorisé une Église réactionnaire. 

C’est à travers ces combats héroïques que la Ligue de l’enseignement a lié définitivement son destin à celui de la République. Jean Macé crée alors les « sociétés républicaines d’instruction » qui contribuent à diffuser l’idée républicaine et à assurer la victoire définitive de la IIIème République. 

(1881) – Premier congrès constituant la Ligue française de l’enseignement

En 1879, les républicains ont la majorité dans toutes les Assemblées, et le gouvernement de Jules Ferry est formé l’année suivante : l’adoption des lois scolaires laïques commence. La Ligue de l’enseignement ne manque pas de leur apporter son soutien, sans s’impliquer directement dans les débats parlementaires.  

Pour elle, s’ouvre le temps de la reconnaissance officielle. Le 4 juin 1880, le cercle parisien est reconnu d’utilité publique. Du 18 au 21 avril 1881 peut enfin se tenir à Paris le premier congrès national qui constitue la Ligue française de l’Enseignement sous la forme d’une fédération de sociétés. Les débats, houleux, aboutissent à un compromis entre les tendances centralisatrices du cercle parisien et les tendances décentralisatrices incarnées par certains cercles provinciaux. Les statuts ne prévoient pas de structuration intermédiaire au niveau départemental, chaque société d’instruction adhère directement à la Ligue de l’enseignement, et détient le même pouvoir dans les votes, quelle que soit sa taille. Une direction de 30 membres – appelée le « conseil général » – est élue par les congrès qui se tiennent chaque année et qui, par le choix de villes différentes, vont contribuer à nationaliser l’influence du mouvement.

Quoique très lâche, cette structuration est supérieure à celle des partis politiques qui ne sont pas encore, à l’époque, organisés à l’échelle nationale, et à celle des syndicats, dont la légalisation ne date que de 1884. Elle fait de la Ligue de l’enseignement une sorte de « parti de l’idée républicaine », appelé selon le mot de Jean Macé, «  à faire les électeurs, non à faire les élections » et dont la vocation est de rassembler les républicains de toutes nuances au service de l’Ecole laïque et de l’éducation populaire. 

La Ligue de l’enseignement regroupe en 1886 près de 1200 sociétés et mène une activité intense sur des thématiques que l’Ecole n’aborde pas directement ou remplit mal : lecture et conférences destinées aux adultes, enseignement professionnel, éducation physique et militaire. Le climat de la « Revanche » pèse de tout son poids et la devise de la Ligue de l’enseignement devient « Pour la Patrie, par le Livre et par l’Epée ».

Pour aller plus loin sur l’histoire de la Ligue, des lois Ferry en passant par la Loi 1901, la Loi de séparation des Églises et de l’État, les guerres mondiales, l’époque SFIO, la création du Mouvement Associatif …
jusqu’aux lois de réorientation de l’école et ESS : https://memoires.laligue.org/