édito special confinement #7 – Mai 2020

Bâtir le monde d’après, une exigence.

 

Et si c’était l’heure de tout réinventer ? De saisir l’opportunité de la crise du Covid19pour repenser tous ensemble la société, le travail, l’éducation, la culture, l’alimentation et  notre rapport à la planète . C’est une exigence car la crise du coronavirus est la conséquence directe d’un modèle politique ultralibérale où les intérêts à court terme des grandes multinationales priment sur l’humain et contribuent à la dégradation de notre environnement. Le Covid19 aura eu le mérite de mettre en évidence les limites du capitalisme financier mondialisé.

 

Au début de la crise du COVID 19, dans les premières semaines du confinement, nombreux sont ceux qui s’essayaient à imaginer un monde nouveau, plus écologique et plus solidaire. Nous aspirions à un monde nouveau tourné vers l’humain et en phase avec son environnement. Même le Président de la République nous distillait cette même petite musique…

 

Toutefois, les semaines passantes, une autre musique est progressivement montée. Relancer l’économie. L’écrasante « crise » économique à venir, même s’il ne faut pas en nier la violence pour les plus faibles et les plus fragiles socialement, sert d’alibi au MEDEF pour nous refaire le coup de la croissance à tout prix . Croissance à tout prix responsable de la crise actuelle en privilégiant les délocalisations dans les pays à bas coût de main d’oeuvre, où les normes sociales et environnementales sont bafouées, privilégiant les flux tendus qui s’est traduit par le manque de masques et de certains médicaments. Bref ils nous font le coup de la parenthèse que serait le Covid19 pour que tout recommence comme avant. Le puissant « vieux monde » a repris le dessus. Même si certains appellent à être plus vertueux, rappelons nous les propos du prince Salina dans le film « Le Guépard  » qui devant l’avancée de la future bourgeoisie marchande dans l’Italie de la lutte pour son indépendance déclarait:  » Il faut accepter que tout change pour que rien ne change  »  

 

 Il faudra donc choisir et ne pas nous resservir le en même temps  

 

Démocratiques ou autoritaires, tous les régimes sont secoués par la pandémie. La tendance au repli national et à la controverse sur la crise sanitaire est difficile à battre en brèche, terreau favorable pour enfermer ces aspirations populaires à envisager un autre modèle de société. .

 

On l’a bien compris, dans l’esprit des dirigeants politiques et des banques centrales, c’est l’urgence du redémarrage qui s’impose désormais. La priorité n’est pas de rêver d’un monde plus juste et plus respirable, mais de sauver la production, l’emploi et les profits d’une minorité de privilégiés. Pourtant demain, “l’après” sera aussi très différemment vécu selon les individus.

 

Acteur de l’éducation populaire, Fédération d’associations, il nous appartient de résister à cette sinistrose ambiante et de repositionner le débat. Nous le savons, indubitablement, la crise actuelle met en lumière tous les maux de nos sociétés et l’urgence d’agir pour apporter une réponse commune aux crises sociales, écologiques et démocratiques.

 

Selon un récent sondage de Yougov, 68 % des Français se disent prêt à adopter un comportement plus éco-responsable au sortir du confinement, tandis que 77 % de la population considère que la pandémie est le moment propice pour adopter une politique ambitieuse de transition écologique.

 

Une opportunité historique nous est donnée : celle d’une remise à plat d’un système injuste, d’un modèle de développement qui détruit notre climat et écrase les plus pauvres. Le tournant à entreprendre dès maintenant consistera à redonner espoir aux générations de demain.

 

Nous voulons être pleinement acteurs de ce moment inédit.  Notre rôle consistera à favoriser les moments, les dispositifs, les initiatives, les rencontres et les leviers permettant à tous d’imaginer le monde d’après. Celui-ci pourrait débuter par une mobilisation en premier lieu face à l’urgence sociale et climatique.

 

Mais, pour que nous puissions œuvrer sereinement à accompagner les citoyen.nes à co-construire un monde d’après, les États du« monde d’aujourd’hui » doivent immanquablementgarantir la sécurité sanitaire, environnementale et sociale des peuples.

 

C’est pourquoi, il nous faut défendre et faire la promotion de tous les services publics, bien commun de ceux qui ont le moins, en France et dans le monde entier, et la revalorisation de tous les métiers d’utilité publique.

 

Imaginons qu’une reconversion écologique et sociale permettrait de créer des centaines de milliers d’emplois de qualité en France. Cette utopie est autant réaliste qu’adaptée à la situation ! Il nous faut militer pour la relocalisation et l’adaptation de l’économie à l’urgence climatique. C’est le chemin vers une économie et une société plus résiliente.

 

La bataille sera culturelle. Les totems des 30 glorieuses et de la société de consommation ne sont plus compatibles avec la soutenabilité du poids environnemental de notre présence, en tant qu’espèce, dans notre écosystème global. C’est pourquoi, les Gouvernements ne doivent pas remettre en cause, sous l’influence des industries polluantes, les engagements et les objectifs environnementaux internationaux.

 

Nous militants et acteurs de l’éducation populaire aurons fort à faire dans cette bataille. Face à nous, 75 ans de croissance débridée et de consommation à outrance depuis 1945, en plus des décennies de publicité, ont façonné nos besoins, attentes, exigences, habitudes, comportements et modes de vie …

 

Mais comme l’a dit  Victor Hugo , « les utopies d’aujourd’hui seront les réalités de demain. »

 

 

 

Le président,
Daniel BOYS
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